Les créances de nature fiscale
recouvrées par la douane, telles que les
contributions indirectes ou le volet interne de
l’octroi de mer (article 15 de la loi n° 92-676 du
17 juillet 1992), continuent, sans changement,
d’être mises en recouvrement par voie d’AMR fiscal,
en vertu de l’article L 256 du livre des procédures
fiscales.
Le délai de
notification
L’AMR peut être notifié
dans un délai de trois ans, dénommé délai de
reprise, pendant lequel l’administration est à même
de constater qu’une créance n’a pas été acquittée en
totalité.
En ce qui concerne les contrôles effectués
après le dédouanement (contrôle a posteriori), les
droits constatés sont communiqués au redevable. Ce
dernier est invité à s’acquitter des sommes dues
dans un délai de 10 jours.
A défaut du paiement un AMR est notifié à
l'intéressé.
Les effets de l'AMR
L’AMR est une
décision exécutoire de recouvrement
L’AMR ouvre le délai de quatre ans de l’action
en recouvrement, les cas
d’interruption de la prescription prévus par le code
civil sont applicables à ce délai quadriennal.
L’AMR ouvre le délai de contestation
qui est de trois ans (art 346 du code des douanes).
Attention
Les arguments adressés
au service des douanes après
réception d’une demande de paiement ou après la
notification d’un procès-verbal, mais avant la mise
en recouvrement, ne sont pas des contestations et
sont à eux seuls sans effet sur le déroulement de la
procédure.
De même, la saisine de la CCED n’est pas une
contestation de la créance. Il appartient donc aux
opérateurs qui entendent consulter la CCED sur une
question relevant de sa compétence et contester
l’AMR, de saisir d’une part la CCED et, d’autre
part, de contester l’AMR auprès de l’autorité qui
l’a émis.
la contestation de
l'AMR
Le recours peut être
exercé dans un premier temps devant l'autorité
douanière, et ensuite devant l'autorité judiciaire
la phase administrative
Elle doit être introduite devant l'autorité qui a
signé l'AMR, sauf en matière de demande de remise ou
le ministre est compétent pour les dossiers relevant
de la commission des communautés européennes.
L'administration dispose d'un délai de six mois pour
y répondre.
En cas de
saisine de la CCED ou de présentation d’une demande
de remise des droits, le délai de six mois part de
la notification aux parties de l’avis de la CCED ou
de la notification à l’administration de la décision
de la Commission sur la demande de remise, lorsque
cette dernière est compétente
la phase judiciaire
le litige doit être porté devant le tribunal
d’instance dans le ressort duquel est situé le
bureau de douane ou la direction régionale des
douanes qui a émis l’AMR dans un
délai de deux mois suivant le rejet de sa réponse ou
à l’expiration du délai de six mois imparti à
l’administration pour répondre à la contestation.
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Le sursis de paiement
Une demande de sursis de paiement doit être formulée
dans la lettre de contestation de la créance.
Le sursis de
paiement est accordé si la contestation est
accompagnée de garanties destinées à assurer le
recouvrement de la créance contestée,
dans le cas contraire l'administration peut prendre
des mesures conservatoires.
Lorsque des garanties suffisantes
n'ont pas été constituées et que le comptable des
douanes a mis en place des mesures conservatoires,
le redevable peut, par simple demande écrite,
demander au juge d'instance, statuant en référé, de
prononcer dans un délai d'un mois la limitation ou
l'abandon de ces mesures
Le code des
douanes communautaire prévoit que des
garanties peuvent ne pas être exigées lorsqu’elles
sont de nature, en raison de la situation du
redevable, à susciter de graves difficultés d’ordre
économique ou social.
La nature des
garanties
- le cautionnement délivré par une banque ou tout
autre organisme habilité à se porter caution,
- la consignation du montant de la créance,
- le nantissement de
valeurs mobilières et du fonds de commerce,
- une affectation hypothécaire
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On retiendra donc
que cette nouvelle procédure de recouvrement de la
dette douanière entraîne, en cas de contestation,
l'obligation soit de payer la créance, soit de la
garantir. Il n'y a aucune possibilité d'y déroger,
sauf à se tourner vers le juge des référés pour
demander la limitation ou l'abandon de ces mesures,
ou de faire valoir que ces mesures sont de nature à
susciter de graves difficulté d'ordre économique ou
social. On ignore les critères que retiendra
l'administration des douanes pour accorder cette
mesure de clémence.
Il est également
important de prendre en compte le responsable de la
dette douanière au regard de la réglementation sur
la représentation en douane,
puisque c'est vers lui que va se tourner
l'administration des douanes.
François
SCHAFF